Dossier pour exposition 2010
1989 2009, vingt ans. Vingt ans de création. Vingt ans à explorer les différents moyens de s’exprimer par les arts plastiques.
LES ANNEES FIGURATIVES : 1989-1993
En 1989 j’avais 21 ans. Je venais d’arrêter des études scientifiques dans lesquelles je m’étais engagé sans réfléchir, parce que je réussissais à l’école, bon en sciences, en maths… Sans effort.
Je venais d’arrêter parce que je m’étais rendu compte que je m’étais fourvoyé. Que j’aurais eu beaucoup plus ma place dans une filière artistique.
Je me trouvais déjà trop vieux pour tout reprendre à zéro. Je ne voulais pas demander à ma famille de financer d’autres études.
Je me suis mis à peindre. J’ai repris mes pinceaux abandonnés depuis quelques années (j’ai fréquenté les ateliers de la Gobinière d'Orvault pendant six ou sept ans adolescent). Je me suis lancé dans la figuration.
J’étais jeune… Et naïf. Mes peintures d’alors reflètent toute l’incompréhension d’un jeune homme doux et perdu, face à un monde violent, une humanité guerrière, une incompréhension totale entre les hommes. Des fossés partout, entre les pays, les religions, le nord et le sud, les villes et les banlieues, les générations…
LES ANNEES SCULPTURES : 1994-1999
Le jeune homme a grandi. Pas facile la vie. Père célibataire à 25 ans, tout en travaillant pour gagner ma vie, je continuais mon exploration.
Je me suis mis au volume.
Des sculptures noires. Monochromes.
Le noir pour refléter mon humeur d’alors certainement.
Mais aussi pour jouer avec l’ombre et la lumière.
Je faisais alors mes débuts dans le spectacle vivant en tant que régisseur lumière, puis éclairagiste.
Des sculptures à partir de matériaux de récupération, plastique, bois, métaux… Glanés dans les différents endroits où les rebuts de notre société de consommation se croisent. Poubelles, décharges publiques, casses automobiles…
Mon côté rebelle. Ma désapprobation face au gaspillage…
J’ai commencé à exposer, dans beaucoup de lieux, comme un marathon vers la reconnaissance.
Après le noir monochrome sont venues les sculptures brutes. Pas de finitions. Des matériaux de récup’, toujours, mais laissés tels quels. Le début des grands personnages. Mes guerriers de pare-choc et de métal. Ils ont parcouru Nantes, de lieux d’expo en lieux d’expo.
Encore aujourd’hui on m’en parle souvent.
En 1998, m’étais-je adouci? J’ai repris une série de masques en plastique brute, que j’ai peint en noir et décoré de graphismes blancs.
Un franc succès.
Un travail beaucoup plus fini, beaucoup moins noir dans tous les sens du terme.
Mon art pouvait faire son entrée dans les salons… Chez les gens.
Christian Petit, directeur d’ONYX à St-Herblain, suivait mon travail.
En 1999 il m’a proposé la salle d’exposition d’ONYX.
J’ai accepté bien sur et j’y ai montré environ 80 sculptures.
Une série de boucliers, une série d’animaux, une série de totems, des masques toujours, et mes premières peintures abstraites. Quelques sculptures noires aussi, mais pour la plupart, la couleur avait vraiment pris le dessus. La couleur et le graphisme.
PEINTURE : DE LA FIGURATION A L'ABSTRACTION : 2000-2009
Du coup, après cet évènement, j’avais le sentiment d’avoir fait le tour de ce que je pouvais faire avec ces matériaux.
Le graphisme naissant dans ces séries ne demandait qu’à prendre le dessus. J’ai décidé de quitter le volume et de me remettre à explorer la toile blanche.
J’ai montré mes premières peintures en décembre 2001 au bar «Le Perroquet» à Nantes.
Le premier bestiaire fantastique.
J’ai engrangé à cette occasion avis et critiques, et j’ai continué mon travail en changeant de support. Sont nées mes premières toiles.
Le deuxième bestiaire fantastique.
J’ai montré ces toiles à l’occasion d’une exposition, App’Art rue Grivaux en 2004. Très bon accueil du public.
J’avais de plus en plus envie de me laisser glisser vers l’abstraction. Ce que j’ai fait à partir de 2005.
Je ne voulais plus exposer à tout prix et ma présence s’est faite plus discrète.
J’ai privilégié des apparitions ponctuelles sur des manifestations qui me tenaient à coeur. Quai Des Arts 2006 et 2007, puis l'exposition de la Manufacture des Tabacs dans le cadre du festival Handiclap 2007.
Le thème était le cinéma.
J'ai choisi huit rôles féminins du cinéma et j'ai crée huit toiles abstraites dédiées à ces femmes :
-"Eliane" (Isabelle Adjani) dans "l'été meurtrier" de Jean Becker (1983)
-"Laura" (Romane Bohringer) dans "les nuits fauves" de Cyril Collard (1992)
-"Marie-Ange" (Miou-Miou) dans "les valseuses" de Bertrand Blier (1974)
-"Maggie" (Hilary Swank) dans "Million dollar baby" de Clint Eastwood (2004)
-"Erika" (Isabelle Huppert) dans "La pianiste" de Mickael Haneke (2001)
-"Francesca" (Meryl Streep) dans "Sur la route de Madison" de Clint Eastwood (1995)
-"Louise" (Emmanuelle Béart) dans "huit femmes" de François Ozon (2001)
-"Vianne" (Juliette Binoche) dans "Le chocolat" de Lasse Hallström (2001)
Tout mon travail d'abstraction sera visible à l'Atelier 10, 10 quai de Versailles, durant le mois de février 2009.
Je continue actuellement mes recherches autour de l'abstraction et j'aimerais exposer mon travail en 2010.
Cela fera alors dix ans que j'aurais abandonné le volume au profit de la peinture, et il me semble intéressant de montrer ces différents travaux sur un même lieu afin de permettre au public d'en saisir toute la diversité et l'évolution.

Commentaires